C'est difficile pour moi de mettre des mots sur toutes les émotions, les sensations, le chamboulement intérieur que provoque en moi son travail.
La puissance de sa peinture m'étonne systématiquement.
Le noir, sa richesse, son pouvoir d'évocation est décliné à l'infini. La manière dont Soulages le travaille, lui fait prendre forme, l'énergie qui s'en dégage, me fascine complétement. Et la lumière! L'importance donnée à cette lumière extérieure, qui le temps d'un instant fait partie intégrante de l'oeuvre. C'est aussi ça qui me touche, cette immédiateté, cet impression qu'en y revenant plus tard, j'y trouverais autre chose.
J'ai été bouleversé par certaines toiles, entre les larmes et la jubilation, j'ai du mal à décrire exactement l'état dans lequel je me suis trouvée. Sa peinture est si directe, me semble si évidente qu'il m'est quasi impossible de comprendre comment en parler.
Je connaisssais déjà assez bien le travail de Soulages, cette exposition complète mes lacunes. Nous est montré ici les oeuvre de l'artiste, du tout début, les années 40, à aujourd'hui. Fascinante évolution d'une obsession. Dans le catalogue de l'exposition, il raconte comment, enfant, il a observé des heures une tâche de goudron sur le mur qui faisait face à la fenêtre de sa chambre. Comment l'analyse de ce que cette tâche evoquait en lui fut sa première réflexion sur la peinture. Homme d'une intelligence et d'une curiosité rare, qui toute sa vie, s'est interrogé sur la peinture, son histoire, sa place, ses influences et son influence.
L'exposition est très riche, très longue. 1h30 minimum pour apprécier toute l'étendue de son talent. Si vous avez une carte du centre, ou si vous êtes riche, je vous conseille de la faire en deux fois. Trop fatiguée, j'ai eu du mal à vraiment profiter des dernières salles.
Scénographie simples, accrochage assez efficace, j'ai particulièrement appréciée la manière dont ses toiles entièrements noires, les plus récentes, sont présentées (la salle 5 surtout, toute de noire vêtue, et l'accrochage dans la suivante).
A la fin de l'exposition, un documentaire de 52 minutes "Soulages, le noir et la lumière" raconte l'artiste et son travail. Je n'ai pas eu le temps de le voir en entier, je vous laisse donc le découvrir pour moi...
"Soulages" au Centre Pompidou jusqu'au 8 mars
Ouvert tous les jours sauf mardi de 11h à 21h, 23h le jeudi.
12€, tarif réduit 9€ (valable une journée pour toutes les expos du centre)
Métro : Rambuteau