Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 18:41
c'est difficile pour moi de parler de Soulages, parce que sa peinture me touche viscéralement.
C'est difficile pour moi de mettre des mots sur toutes les émotions, les sensations, le chamboulement intérieur que provoque en moi son travail.

La puissance de sa peinture m'étonne systématiquement.

Le noir, sa richesse, son pouvoir d'évocation est décliné à l'infini. La manière dont Soulages le travaille, lui fait prendre forme, l'énergie qui s'en dégage, me fascine complétement. Et la lumière! L'importance donnée à cette lumière extérieure, qui le temps d'un instant fait partie intégrante de l'oeuvre. C'est aussi ça qui me touche, cette immédiateté, cet impression qu'en y revenant plus tard, j'y trouverais autre chose.
J'ai été bouleversé par certaines toiles, entre les larmes et la jubilation, j'ai du mal à décrire exactement l'état dans lequel je me suis trouvée. Sa peinture est si directe, me semble si évidente qu'il m'est quasi impossible de comprendre comment en parler.

Je connaisssais déjà assez bien le travail de Soulages, cette exposition complète mes lacunes. Nous est montré ici les oeuvre de l'artiste, du tout début, les années 40, à aujourd'hui. Fascinante évolution d'une obsession. Dans le catalogue de l'exposition, il raconte comment, enfant, il a observé des heures une tâche de goudron sur le mur qui faisait face à la fenêtre de sa chambre. Comment l'analyse de ce que cette tâche evoquait en lui fut sa première réflexion sur la peinture. Homme d'une intelligence et d'une curiosité rare, qui toute sa vie, s'est interrogé sur la peinture, son histoire, sa place, ses influences et son influence.

L'exposition est très riche, très longue. 1h30 minimum pour apprécier toute l'étendue de son talent. Si vous avez une carte du centre, ou si vous êtes riche, je vous conseille de la faire en deux fois. Trop fatiguée, j'ai eu du mal à vraiment profiter des dernières salles.

Scénographie simples, accrochage assez efficace, j'ai particulièrement appréciée la manière dont ses toiles entièrements noires, les plus récentes, sont présentées (la salle 5 surtout, toute de noire vêtue, et l'accrochage dans la suivante).
A la fin de l'exposition, un documentaire de 52 minutes "Soulages, le noir et la lumière" raconte l'artiste et son travail. Je n'ai pas eu le temps de le voir en entier, je vous laisse donc le découvrir pour moi...

"Soulages" au Centre Pompidou jusqu'au 8 mars
Ouvert tous les jours sauf mardi de 11h à 21h, 23h le jeudi.
12€, tarif réduit 9€ (valable une journée pour toutes les expos du centre)
Métro : Rambuteau
Par Mamzelle R - Publié dans : Expositions
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 19:16
Un film aussi passionnant qu'émouvant, à l'image d'une des artistes les plus fascinantes du XXème (et XXIème) siècle.

Le documentaire est divisé en trois parties, I do, I undo, I redo (du nom de l'oeuvre monumentale présentée en 2000 à la Tate Modern).
Trois parties qui nous racontent la vie de la sculptrice, son rapport au passé (à son passé), au monde, aux gens, trois parties qui nous racontent son art.

Louise Bourgeois est une artiste totale, une femme qui se donne entièrement à son oeuvre et dont le travail se nourrit constamment de sa vie. Louise Bourgeois EST son art.

En s'intéressant à sa vie, les réalisatrices nous initient à son travail, éclaircissent la lecture de ses oeuvres, nous montre un des chemins qui nous fera comprendre son propos.

Le film n'est pas vraiment biographique, pas vraiment didactique, c'est une évocation de sa vie, de sa manière de transmettre au monde ses émotions, de s'affranchir de ses traumatismes, d'exprimer ce qu'elle ne peut dire autrement.

Un documentaire très réussi que je conseille à tous, amateur d'art ou non.
Par Mamzelle R - Publié dans : Cinéma
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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 18:20
Une exposition composée essentiellement de vidéos, construite en écho aux films présentés, énigmatique, labyrinthique en référence permanente à elle même.

Les vidéos parle de la réalité, de notre réalité, de la violence des rapports humains, de l'amour, de la mort, de la femme et surtout, de ce que l'on regarde, de la frontière entre le réel (ce dont on parle) et de la fiction (ce que l'on regarde), des artifices de la caméra, de l'impact du regardé sur le regardant.
Une expo dont la scénographie sert le propos, dont j'ai beaucoup aimé certaines pièces et d'autres moins.

J'ai donc particulièrement apprécié "il s'est passé quelque chose" où la fiction est comme un personnage à part entière, un personnage qui s'immisce, déforme et invalide presque ce qui nous est raconté;
"Der Spiegel" avec son choeur de femme (qui se revendique en tant que foule), ce cycle innarétable et ce refus du temps qui flétrit tout;
 "Repulsion" avec cette construction schyzophrénique (3 écrans diffusant chacun une vidéo de 5 minutes) sur les possibles de la même histoire et la toute dernière vidéo de l'expo qui se situe littéralement à la frontière entre fiction et réel.

Une expo riche, intéressante mais difficile et sombre. Allez-y en forme, moi je m'endormais un peu sur la fin...
Par Mamzelle R - Publié dans : Expositions
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 00:35
http://lagene.files.wordpress.com/2009/09/un-prophete.jpg

Un prophète finalement, c’est un peu Scarface en prison. L’ascension d’une petite frappe, d’un jeunot perdu assez malin pour tirer le meilleur parti des pires situations.

Deux heures trente de cinéma pur, dur et plein de testostérone. Des personnages vivants, incarnés, un premier rôle bluffant donnant la réplique à l’acteur le plus effrayant du cinéma français (Niels Arestrup me fait peur), une réalisation brute, haletante à la hauteur d’un scénario prenant et de dialogues crédibles. Et des instants de semi contemplation, (que j’avais déjà appréciée dans le précédent film d’Audiard), une poésie sous jacente dans ces moments immobiles. Même l’omniprésence du fantôme de son crime initiateur est habilement menée. Une réussite totale.

Par Mamzelle R - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 00:33

Voici deux films dont j’ai raté le début, mais qui m’ont troublé quand même :

 

PERSECUTION le dernier film de Chéreau, m’a mis très mal à l’aise avec un Romain Duris qui fronce beaucoup les sourcils et une Charlotte Gainsbourg un peu ailleurs. Et Jean Hugues Anglade en demi fou transpirant. Un film froid et dur sur les rapports humain, la paranoïa et l’égoïsme, un film où tout le monde semble malheureux. Difficile de savoir si j’ai aimé.

 

D’UNE SEULE VOIX, un documentaire de Xavier de Lauzanne m’a beaucoup ému. Jean-Yves Labat de Rossi organise en 2006 une tournée réunissant musiciens israéliens et palestiniens, musulmans, juifs et chrétiens. Pendant trois semaines, le long des routes de France vont naître conflits et amitiés, moments de tension et moments de partage.

Un film émouvant certes, mais bien loin d’un discours larmoyant ou au contraire, indécemment optimiste. Un film qui nous montre simplement la rencontre de ces deux peuples qui ne se voient plus, de ces humains qui se méfient à priori. Un témoignage sur le conflit à l’échelle d’une centaine de musiciens.

Par Mamzelle R - Publié dans : Cinéma
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